Comanche - Théâtre Clavel - Novembre 2008

 

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, je suis tranquille. Notre premier ministre l’a dit « Nous ne laisserons pas les plus pauvres payer les pots cassés de la crise. Le gouvernement fera tout pour cela. » Aussitôt, de mauvais plaisants gauchistes ont ricanés méchamment, disant que monsieur Fillon poussait l’humour jusqu’à la clownerie. Ce sont là de mauvais esprit ! Un homme dont le visage ferait les beau jour publicitaire de n’importe quelle entreprise de pompes funèbres, ne saurait être un clown même blanc. Aussi, moi je le crois. Et puis, sauf à être masochiste, une telle tête à claques ne peut pas sciemment chercher les baffes, même si j’avoue que la main me démange chaque fois que je le vois.

 

 

Encore plus réconfortant, notre grand roi speederman premier, à pris de bonnes et grandes décisions. Le bon peuple peut être rassuré. Ses décisions sont géniales comme toujours. Jugez plutôt. Désormais, à leur convenance, les entreprises pourrons multiplier les CDD. Les gens se feront embaucher et débaucher à tour de bras. En clair, avant, les prolos se faisaient empapaouter à tout va, mais longuement et tristement dans des CDI, alors que maintenant ce sera, grâce aux CDD, dans l’ambiance ludique et brève de joyeuses tournantes laborieuses. Que voulez-vous, c’est la crise, et son remède pour les pauvres est dans un surcroît de misère et de précarité.

Pourtant, notre bon président l’a dit, «Le système capitaliste est malade. il faut moraliser tout ça. » Moyennant quoi, il garanti trois cent soixante milliards, et il fait cadeau de dix milliards d’euros aux banques sans contrepartie et les sénateurs ont voté une loi terrible qui fait trembler tout le MEDEF. Les parachutes dorés ne sont pas supprimés, mais ils paieront des charges… à condition qu’ils dépassent le million d’euros. Les grands patrons n’en dorment plus tellement ils se marrent.

 

Cependant, à s’en tenir au langage, notre baveux national avait donné un sacré coup de barre à gauche. Et que je menace de faire contrôler la finance et l’économie par l’Etat, une horreur ! Neuilly et les beaux quartier se lamentaient et criaient au scandale. « Notre Sarco est devenu Sarcoco. » La sérénité leur est revenue quand ils ont compris que ce n’était là que déclarations verbales, car le petit génie sait bien que les péroraisons péremptoires non suivis des actes correspondants sont des tisanes destinées à endormir les cons.

 

Et nous, me direz-vous ? Ben, lavés de la moindre révolte, presque sans dignité, nous, on fait ce qu’on nous a méthodiquement appris. On serre les fesses en espérant que la chiasse sera pour le cul du voisin. Et puis convaincus par nos maîtres et les médias qu’on ne peut rien faire, nos petites colères bien canalisées par des syndicats garde-fou, on bave devant la télé, abrutis par le foot, les émissions débiles et des feuilletons américains ou le capitalisme triomphant a l’outrecuidance de nous donner des leçons de morale et lavent nos cerveaux de la moindre trace d’intelligence. Pour eux, le label du bon citoyen c’est la connerie, il n’y a pas à sortir de là.

 

Tous le monde s’est étonné que notre chef suprême, dont le sens de l’humour se sait sur tous les continents, se soit offusqué de son effigie en poupée vaudou.  De fait, ce n’est pas la poupée qui l’angoisse mais les aiguilles. Il ne veut pas qu’on sache qu’avec elles, il pourrait se dégonfler brusquement comme toutes les baudruches.

Heureusement, il nous arrive parfois le bonheur d’un vrai caractère et je le dis sans plaisanter.

J’ai beau être un mécréant de la pire espèce, j’avoue une grande tendresse pour la religieuse qui confesse à titre posthume, s’être joyeusement et frénétiquement masturbée toute sa vie. Quand je pense que le Benoît seize vient de rappeler son interdit à toutes contraceptions, je me dis qu’il y a plus d’humanité dans la culotte de sœur Emmanuelle que sous la tiare de ce pape obtus.

 

N’empêche ! Je m’émerveille que pour une danse hongroise au FMI le piètre DSK ait failli se faire mettre à l’index alors que la bonne sœur se servait plaisamment du sien. Cela nous ramène humblement aux charmes basiques de notre nature et de nos pulsions humaines. Allez, en hommage à mon amie la sœur, je vous salue et je passe la main à Margot et Musset qui, comme chacun sait, sont deux sacrés branleurs.