Chronique radio décembre 2003

 

 

 

Alleluia ! alleluia ! Le père Noël existe et je l’ai rencontré !

Tout a commencé par une information où il était dit qu’on pouvait écrire au père Noël et qu’il répondait. Tiens, tiens, me suis-je dis, mon côté mécréant serait-il pris en défaut ? Si le père noël existe, tous les espoirs sont permis, fini les combats douteux, les revendications contre les injustices et la misère, fini les massacres et la pollution de la planète, je n’ai qu’une chose à faire, demander au Père Noël de supprimer tout ça en guise de cadeau. Je me suis donc fendu d’une lettre de vingt huit pages où je répertoriais tous mes souhaits. Vous me croirez si vous voulez, preuve irréfutable de l’existence du personnage, quelques jours plus tard, j’ai reçu une réponse.

Mon petit Georges,

Tu n’as pas le droit de te faire aider par les grands. Ta lettre est beaucoup trop longue pour que je prenne le temps de la lire. Il y a beaucoup d’enfants qui m’écrivent et je dois répondre à tous. Je t’envoie donc mon formulaire b 320. Tu as droit à trois lignes maximum. Demande aussi à tes parents de remplir le questionnaire ci-joint, en indiquant leur profession, leur niveau de revenus etc. Cela me sera utile ultérieurement. Sois bien sage et obéis bien à ta maman. Je te prends sur mes genoux et je te fais tout plein de câlins et de bisous

La dernière phrase m’a intrigué, et je me suis demandé si le père Noël ne passait pas le reste de l’année chez Michou. Mais mon problème majeur était de condenser mes vingt huit pages dans les trois lignes qui m’était allouées. Après réflexion, j’ai écris « Père Noël, faites moi le cadeau de supprimer la connerie et la rapacité, qu’elles soient marchandes, politiques, ou financières. Post-scriptum pouvez-vous m’adresser une photo de vous quand vous êtes rasé »

Il me faut bien le reconnaître, nous vivons dans un monde cruel, et les rêves des enfants, surtout s’ils sont chenus, ne sont plus respectés. La réponse que j’ai reçu m’a beaucoup affecté. Je vous la livre telle qu’elle est.

« Petit con. Si tu crois qu’un merdeux comme toi peut casser ma boutique, tu te trompes. Je vais t’envoyer Nicolas, mon père fouettard à moi, et sa botte n’as pas loin à aller de la place Beauvau à ton cul. Je t’envoie quand même ma photo rasé de près. Ca t’apprendra.»

Malgré mes larmes, j’ai regardé la photo, et je peux vous le révéler aujourd’hui : le père Noël ressemble comme une goutte d’eau à Ernest Antoine Sellière.

Maintenant j’ai la trouille, j’attends avec angoisse la messe de minuit car je crains de découvrir que le petit Jésus a la gueule de Chirac et Marie la tronche de Bernadette.

Pourtant, malgré tout ça et pour avoir mon beau cadeau, j’aimerais tellement pouvoir y croire au père Noël !